Sienne en blanc et noir 15/04
Réveil plus que difficile après être sorties toutes les trois boire un verre avec Diego qui m’a laissé conduire sa voiture!! Cette première expérience de conduite sur les routes toscanes s’est bien passée (sinon je n’écrirais pas ces lignes). Conseil pour les aventureux qui prennent la voiture en Toscane: toujours dépasser la vitesse autorisée qui ici est de 60 km/h, sinon les indigènes vous font des appels de phare, vous collent et vous doublent en klaxonnant, ce qui est on ne peut plus stressant. Et d’ailleurs, les menaces de contrôle radar restent des menaces.
Réveil difficile donc. N’étant pas véhiculée, je dois prendre le ‘pullman’ pour faire toutes mes petites visites ce qui présente de nombreuses contraintes: les horaires sont peu pratiques, la durée du trajet est longue et le service maigre (trois départs le matin, deux retours le soir pour Sienne). Départ à 8h28 de Chianciano pour arriver à «l’autostazione» de Sienne à 10h35. Plus de deux heures de trajet, et pour cause: le bus s’arrête dans toutes les villes qu’il croise sur son chemin, ce qui fait perdre environ une heure. La route est belle, cependant. Nous sommes passés par de très jolies villes comme Montalcino, que j’irai visiter un autre jour, et à travers la campagne toscane qui change régulièrement de visage: des monts arborés, on passe à des plaines au vert éclatant piquées de coquelicots et de pissenlits où batifolent des faisans, pour trouver ensuite des collines dignes des Télétubbies. Sauf que le soleil ne rigolait pas bêtement tout le temps. Mais arrivés à Sienne, un ciel bleu sans nuage attendait ses visiteurs, qui étaient nombreux: pas mal de Siennois, beaucoup de Français, énormément d’écoles. Ca piaillait en italien dans tous les coins de Sienne.
Le bus nous a déposés à la gare ferroviaire, très excentrée et en contrebas de la vieille ville. Il faut donc prendre un bus plein à craquer, ce qui m’a replongée un court instant dans mon quotidien parisien, pour aller dans le centre: trajet = 1 euro. Et puis, voilà...J’étais dans Sienne. Une ville que je voulais à tout prix visiter. C’est très étrange d’arriver dans une ville qu’on ne connaît absolument pas: on est perdu, rien ne nous est familier mais on sait que quelques heures plus tard, ce ne sera plus le cas. En effet, j’ai demandé mon chemin à une vieille dame revêche ce qui me semble totalement incroyable à présent, car j’était à deux minutes de la Piazza del Campo où se déroule le Palio. Tout comme Montepulciano, les rues sont étroites et bordées de très hauts bâtiments. Mais à Sienne, de larges places, des églises et d’imposants monuments aèrent la ville. J’ai croisé les premiers groupes scolaires italiens, cheveux noirs et lunettes aviateur sur le nez. Puis par hasard j’ai tourné la tête et j’ai vu une ruelle qui descendait vers la Piazza. Magique. De l’ombre on passe à la lumière: les briques polies par les fesses de tous ceux qui s’assoient dessus, disposées sur le sol en pente de la place, crénelée comme une coquille saint-Jacques, renvoient superbement la lumière. Et puis cette tour fine et élégante qui s’élance au-dessus du Palazzo Pubblico. C’est classe, quoi. J’ai fait comme tous les touristes, je me suis assise sur la Piazza et j’ai compulsé mon Routard. Quasiment tout se concentrait dans ce coin et j’ai donc commencé les festivités.
Une fois rentrée dans le Palazzo, une cour toute en briques et arches gothiques vous accueille et vous permet d’aller: à droite, au Museo Civico (fresques magnifiques, peintures de la Renaissance siennoise) ou à gauche à la Torre del Mangia (plus de 400 marches avec à la clé un superbe panorama sur la ville). J’ai d’abord vu, au sous-sol, une exposition ‘Bauhaus architettura’ l’architecture à Weimar, libre d’accès. Dessins du Corbusier, maquettes d’usines allemandes, d’immeubles... Puis j’ai visité le Museo Civico: salles élégantes, recouvertes de fresques qui témoignent du passé politique de Sienne. Et enfin la Torre del Mangia où un feu vert ou rouge vous dit si vous pouvez monter. Un accès toutes les demi-heures. J’ai évidemment manqué le départ. Le feu vert donné 30 minutes plus tard, je me suis élancée dans ce «colimaçon carré» aux marches minuscules, après avoir laissé 7 gros euros derrière moi... J’ai doublé un couple d’Allemands essoufflés, qui m’ont laissée passer car la jeunesse n’attend pas, n’est-ce pas, et je suis enfin arrivée au sommet....Bellissima vista.....La rumeur monte enflée de cette place atypique, ce qui donne une idée de ce que le Palio peut être vu de la Tour. Devant moi, des toits, des toits, le Duomo qui détonne dans cette marée orangée, des toits et la campagne. Beau.
Il était 13 heures quand je suis sortie et avant de manger, j’ai d’abord repéré où se trouvaient le Duomo et tous les musées aux alentours. Ceci fait, je me suis aventurée au hasard des rues comme j’aime le faire. J’ai donc découvert une ville étudiante (Sienne a une importante université) où les fenêtres laissent flotter de la musique, les conversations des colocataires, les rires, la radio.... Une ville propre où il doit faire bon vivre. J’ai longtemps cherché un panino et une fois trouvé, j’ai été très déçue. J’ai mangé cet étouffe-chrétien assise sur un banc près de la faculté de musique, au soleil, avec des pigeons à mes pieds. J’ai constaté d’ailleurs que les pigeons italiens sont aussi dragueurs entre eux que les pigeons français. Puis je suis repartie, toujours au hasard des rues. Et le hasard fait bien les choses car je suis littéralement tombée sur la Pinacoteca Nazionale que je voulais visiter sans avoir vraiment repéré où elle se trouvait.
Le routard indiquait: «musée vieillot, mais incroyablement riche». Je ne m’y connais guère, mais en effet, il regorge de triptyques, diptyques du 14è siècle au 17è siècle du Duccio, ruisselants d’or, et représentant tous soit des Crucifixions soit la «Madonna col Bambino» (c’est-à-dire: «Madonne avec le Bambin» pour une traduction plus que littérale ou «Vierge à l’Enfant» pour une traduction plus académique.) J’ai été frappée par la ressemblance entre ces triptyques, d’ailleurs. La Vierge a toujours la même inclination de tête, le même regard endormi, le même teint vert et la même bouche, et ce quelle que soit l’école de peinture. Je ne me suis pas attardée sur chaque oeuvre, car j’aurais pu y passer la soirée. J’ai retenu un Saint Jean-Baptiste enfant (et déjà ermite), tout mignon dans sa peau de bête. Je n’imaginais pas qu’il avait commencé sa vie dans le désert si jeune... Pour tout vous avouer, il m’a fait penser aux enfants de Cétautomatix ou Ordralfabétix qui sont habillés exactement comme leurs pères.
Après ça, direction il Duomo, à deux pas de la Pinacoteca. J’ai acheté un billet combiné (5 euros) comprenant: il Duomo, la Crypte, il museo dell’ Opera, la SMS (Santa Maria della Scala), l’Ospedale....En premier: il Duomo.
Il Duomo, strié de marbre noir et blanc se dressait majestueusement sur la place, encerclé par les remparts du Museo dell’ Opera, les murs de l’Ospedale, de la chiesa SMS et gardé par la louve romaine perchée sur sa colonne. Le contraste entre le portail et le reste du bâtiment est étonnant: très travaillé, divers marbres, dorures... tandis que le reste est sobre et simple. Une fois rentré dedans, on se sent tout petit. Les piliers bicolores s’élancent haut vers la voûte bleue constellée, joignant ce ciel peint au sol en marbre représentant des scènes bibliques. Et oui, au Duomo, l’enseignement des fidèles se fait par terre! ce trésor est aux 3/4 recouvert par des cartons afin de le préserver des pieds des touristes. Je me suis attardée sur les parties recommandées par le Routard: la bibliothèque, un autel avec deux statues de Michel-Ange, la chaire et le sol. Une pauvre employée du musée demandait régulièrement aux gens de se taire car c’était trop bruyant. Ados allemands, groupes d’enfants, touristes lambda comme moi... Trop. Je suis partie finir mes visites.
SMS / Ospedale / Museo dell’ Opera: fresques, oeuvres de Jacopo del Quercia, oeuvres de Jacopo del Quercia, oeuvres de Jacopo del Quercia et fresques. J’avais vu un reportage sur cet hôpital dont la restauration posait problème car toutes les fresques ont été recouvertes par un crépis affreux, difficile à enlever sans les effacer. Puis j’ai fini avec le musée de l’Oeuvre: extraits originaux de la façade du Duomo, triptyques, vêtements liturgiques... et les remparts desquels on a une belle vue sur le flanc du Duomo et Sienne.
Fourbue, rompue, je me suis acheminée vers la place où je devais prendre mon bus afin «d’attraper» le train, comme diraient les Anglais (ayant raté le dernier bus pour Chianciano). Ce n’était pas du tout clair mais heureusement, une gentille dame m’a indiqué où je devais le prendre. Et voilà! je suis arrivée à la gare, j’ai acheté mon billet après avoir laissé passer une jeune femme qui voulait juste demander des renseignements (ce qui a pris une bonne demi-heure et lui a valu des remarques acerbes de la dame derrière moi), et j’ai pris l’omnibus jusqu’à Chiusi. Départ 19h28 arrivée à 21h. A Chiusi, le dernier bus pour Chianciano est à 22h donc Chiara est gentiment venue me chercher. Moi j’étais sur les rotules.
Sienne, je reviendrai te voir!
Réveil difficile donc. N’étant pas véhiculée, je dois prendre le ‘pullman’ pour faire toutes mes petites visites ce qui présente de nombreuses contraintes: les horaires sont peu pratiques, la durée du trajet est longue et le service maigre (trois départs le matin, deux retours le soir pour Sienne). Départ à 8h28 de Chianciano pour arriver à «l’autostazione» de Sienne à 10h35. Plus de deux heures de trajet, et pour cause: le bus s’arrête dans toutes les villes qu’il croise sur son chemin, ce qui fait perdre environ une heure. La route est belle, cependant. Nous sommes passés par de très jolies villes comme Montalcino, que j’irai visiter un autre jour, et à travers la campagne toscane qui change régulièrement de visage: des monts arborés, on passe à des plaines au vert éclatant piquées de coquelicots et de pissenlits où batifolent des faisans, pour trouver ensuite des collines dignes des Télétubbies. Sauf que le soleil ne rigolait pas bêtement tout le temps. Mais arrivés à Sienne, un ciel bleu sans nuage attendait ses visiteurs, qui étaient nombreux: pas mal de Siennois, beaucoup de Français, énormément d’écoles. Ca piaillait en italien dans tous les coins de Sienne.
Le bus nous a déposés à la gare ferroviaire, très excentrée et en contrebas de la vieille ville. Il faut donc prendre un bus plein à craquer, ce qui m’a replongée un court instant dans mon quotidien parisien, pour aller dans le centre: trajet = 1 euro. Et puis, voilà...J’étais dans Sienne. Une ville que je voulais à tout prix visiter. C’est très étrange d’arriver dans une ville qu’on ne connaît absolument pas: on est perdu, rien ne nous est familier mais on sait que quelques heures plus tard, ce ne sera plus le cas. En effet, j’ai demandé mon chemin à une vieille dame revêche ce qui me semble totalement incroyable à présent, car j’était à deux minutes de la Piazza del Campo où se déroule le Palio. Tout comme Montepulciano, les rues sont étroites et bordées de très hauts bâtiments. Mais à Sienne, de larges places, des églises et d’imposants monuments aèrent la ville. J’ai croisé les premiers groupes scolaires italiens, cheveux noirs et lunettes aviateur sur le nez. Puis par hasard j’ai tourné la tête et j’ai vu une ruelle qui descendait vers la Piazza. Magique. De l’ombre on passe à la lumière: les briques polies par les fesses de tous ceux qui s’assoient dessus, disposées sur le sol en pente de la place, crénelée comme une coquille saint-Jacques, renvoient superbement la lumière. Et puis cette tour fine et élégante qui s’élance au-dessus du Palazzo Pubblico. C’est classe, quoi. J’ai fait comme tous les touristes, je me suis assise sur la Piazza et j’ai compulsé mon Routard. Quasiment tout se concentrait dans ce coin et j’ai donc commencé les festivités.
Une fois rentrée dans le Palazzo, une cour toute en briques et arches gothiques vous accueille et vous permet d’aller: à droite, au Museo Civico (fresques magnifiques, peintures de la Renaissance siennoise) ou à gauche à la Torre del Mangia (plus de 400 marches avec à la clé un superbe panorama sur la ville). J’ai d’abord vu, au sous-sol, une exposition ‘Bauhaus architettura’ l’architecture à Weimar, libre d’accès. Dessins du Corbusier, maquettes d’usines allemandes, d’immeubles... Puis j’ai visité le Museo Civico: salles élégantes, recouvertes de fresques qui témoignent du passé politique de Sienne. Et enfin la Torre del Mangia où un feu vert ou rouge vous dit si vous pouvez monter. Un accès toutes les demi-heures. J’ai évidemment manqué le départ. Le feu vert donné 30 minutes plus tard, je me suis élancée dans ce «colimaçon carré» aux marches minuscules, après avoir laissé 7 gros euros derrière moi... J’ai doublé un couple d’Allemands essoufflés, qui m’ont laissée passer car la jeunesse n’attend pas, n’est-ce pas, et je suis enfin arrivée au sommet....Bellissima vista.....La rumeur monte enflée de cette place atypique, ce qui donne une idée de ce que le Palio peut être vu de la Tour. Devant moi, des toits, des toits, le Duomo qui détonne dans cette marée orangée, des toits et la campagne. Beau.
Il était 13 heures quand je suis sortie et avant de manger, j’ai d’abord repéré où se trouvaient le Duomo et tous les musées aux alentours. Ceci fait, je me suis aventurée au hasard des rues comme j’aime le faire. J’ai donc découvert une ville étudiante (Sienne a une importante université) où les fenêtres laissent flotter de la musique, les conversations des colocataires, les rires, la radio.... Une ville propre où il doit faire bon vivre. J’ai longtemps cherché un panino et une fois trouvé, j’ai été très déçue. J’ai mangé cet étouffe-chrétien assise sur un banc près de la faculté de musique, au soleil, avec des pigeons à mes pieds. J’ai constaté d’ailleurs que les pigeons italiens sont aussi dragueurs entre eux que les pigeons français. Puis je suis repartie, toujours au hasard des rues. Et le hasard fait bien les choses car je suis littéralement tombée sur la Pinacoteca Nazionale que je voulais visiter sans avoir vraiment repéré où elle se trouvait.
Le routard indiquait: «musée vieillot, mais incroyablement riche». Je ne m’y connais guère, mais en effet, il regorge de triptyques, diptyques du 14è siècle au 17è siècle du Duccio, ruisselants d’or, et représentant tous soit des Crucifixions soit la «Madonna col Bambino» (c’est-à-dire: «Madonne avec le Bambin» pour une traduction plus que littérale ou «Vierge à l’Enfant» pour une traduction plus académique.) J’ai été frappée par la ressemblance entre ces triptyques, d’ailleurs. La Vierge a toujours la même inclination de tête, le même regard endormi, le même teint vert et la même bouche, et ce quelle que soit l’école de peinture. Je ne me suis pas attardée sur chaque oeuvre, car j’aurais pu y passer la soirée. J’ai retenu un Saint Jean-Baptiste enfant (et déjà ermite), tout mignon dans sa peau de bête. Je n’imaginais pas qu’il avait commencé sa vie dans le désert si jeune... Pour tout vous avouer, il m’a fait penser aux enfants de Cétautomatix ou Ordralfabétix qui sont habillés exactement comme leurs pères.
Après ça, direction il Duomo, à deux pas de la Pinacoteca. J’ai acheté un billet combiné (5 euros) comprenant: il Duomo, la Crypte, il museo dell’ Opera, la SMS (Santa Maria della Scala), l’Ospedale....En premier: il Duomo.
Il Duomo, strié de marbre noir et blanc se dressait majestueusement sur la place, encerclé par les remparts du Museo dell’ Opera, les murs de l’Ospedale, de la chiesa SMS et gardé par la louve romaine perchée sur sa colonne. Le contraste entre le portail et le reste du bâtiment est étonnant: très travaillé, divers marbres, dorures... tandis que le reste est sobre et simple. Une fois rentré dedans, on se sent tout petit. Les piliers bicolores s’élancent haut vers la voûte bleue constellée, joignant ce ciel peint au sol en marbre représentant des scènes bibliques. Et oui, au Duomo, l’enseignement des fidèles se fait par terre! ce trésor est aux 3/4 recouvert par des cartons afin de le préserver des pieds des touristes. Je me suis attardée sur les parties recommandées par le Routard: la bibliothèque, un autel avec deux statues de Michel-Ange, la chaire et le sol. Une pauvre employée du musée demandait régulièrement aux gens de se taire car c’était trop bruyant. Ados allemands, groupes d’enfants, touristes lambda comme moi... Trop. Je suis partie finir mes visites.
SMS / Ospedale / Museo dell’ Opera: fresques, oeuvres de Jacopo del Quercia, oeuvres de Jacopo del Quercia, oeuvres de Jacopo del Quercia et fresques. J’avais vu un reportage sur cet hôpital dont la restauration posait problème car toutes les fresques ont été recouvertes par un crépis affreux, difficile à enlever sans les effacer. Puis j’ai fini avec le musée de l’Oeuvre: extraits originaux de la façade du Duomo, triptyques, vêtements liturgiques... et les remparts desquels on a une belle vue sur le flanc du Duomo et Sienne.
Fourbue, rompue, je me suis acheminée vers la place où je devais prendre mon bus afin «d’attraper» le train, comme diraient les Anglais (ayant raté le dernier bus pour Chianciano). Ce n’était pas du tout clair mais heureusement, une gentille dame m’a indiqué où je devais le prendre. Et voilà! je suis arrivée à la gare, j’ai acheté mon billet après avoir laissé passer une jeune femme qui voulait juste demander des renseignements (ce qui a pris une bonne demi-heure et lui a valu des remarques acerbes de la dame derrière moi), et j’ai pris l’omnibus jusqu’à Chiusi. Départ 19h28 arrivée à 21h. A Chiusi, le dernier bus pour Chianciano est à 22h donc Chiara est gentiment venue me chercher. Moi j’étais sur les rotules.
Sienne, je reviendrai te voir!

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