Night Life in Tuscany (samedi 01/05)

Ce week-end a été le week-end ‘Giacomo et ses amis’ et ça a été un week-end très sympathique.

Il m’a appelée vendredi pour me dire qu’il allait à un ‘concertino’ à Montepulciano, la ville des environs la plus culturellement éveillée. Rien de prévu et j’ai donc dit ‘va bene’!
Il est passé me prendre dans son grand Espace ce qui change des voitures de jacky qu’on voit ici, et nous nous sommes donc rendus à la salle Ex Macelli où tous les vendredis et samedis, des concerts d’accès libre sont organisés. Ce vendredi: un concert rock qui n’attirait que les punks du coin. Tous les autres étaient à l’extérieur du bar l’Essenza qui jouxte la salle. Et c’est donc là que nous sommes restés avec Giacomo, Giulio (un de ses meilleurs amis) et Lauren qui nous a rejoints avec son ‘galant’ Danilo. Le pauvre a beau lui envoyer des fleurs, l’emmener dîner, c’est sans espoir.... Lauren est d’ailleurs restée avec nous et nous n’avons pas vu Danilo de la soirée. Sauf quand il a voulu rentrer. Poverino.
J’ai pas mal discuté avec Giacomo et surtout avec Giulio, avocat en devenir-boxeur-yamakasi-. Personnage intéressant. Fan de sports extrêmes, d’arts martiaux et de philosophie (résumé comme ça, il pourrait faire penser aux participants de Fort Boyaux, mais ce n’est pas le cas!). Bref, la soirée fut fort sympathique; j’ai pu mesurer la différence entre sortir dans une grande ville où il est rare de croiser des gens que l’on connaît et sortir dans une petite ville où tout le monde se connaît et va dans les mêmes endroits: j’ai salué au moins cinq personnes. Puis Giacomo m’a ramenée au musée, mais avant nous avons promené ses trois golden retrievers qui l’ont accueilli dans un grand concert de jappements.

Samedi, il avait proposé un concert à Castiglione del Lago en Ombrie, organisé par des amis à lui; ça me bottait évidemment car un, c’était dans une ville réputée pour son grand lac, le troisième plus grand d’Italie, et ses remparts médiévaux et deux, c’est toujours sympathique de découvrir ce qui se fait musicalement dans la région.
Chiara avait pris contact avec ‘un colletivo’ qui fait du jazz (ou ‘géss’, écrit à l’italienne) à Montepulciano. Nous nous sommes donc rendues à ce concert en premier. Rien de sensationnel et nous sommes restées à l’Essenza boire un verre. Puis retour au musée pour une mini sieste avant le départ à minuit pour le deuxième concert...Aucune des deux n’a eu le courage de venir et j’y suis donc allée toute seule. Giacomo est passé me prendre et nous avons rejoint ses amis au parking afin de faire voiture commune. C’était son anniversaire (37 ans, même s’il en fait 5 de moins) et la tradition est qu’il «s’émèche»: il a donc besoin de conducteurs! Après environ 20 minutes en voitures sur des routes qui serpentaient à travers la campagne, plongée dans le noir le plus complet, nous nous sommes arrêtés dans un bar pour prendre un premier verre, puis nous sommes partis à Castiglione. Une foule de voitures étaient amassée sur le parking, à cause d’un lâcher de montgolfières qui a eu lieu ce week-end. A l’extérieur du bar, toute la jeunesse du coin étaient amassée en attendant d’entrer dans le bar. Très sympa ce bar, d’ailleurs: tenu par un couple italo-australien et le résultat est un décor chaleureux, style cabane dans les arbres, les murs peints à la façon aborigène, le toit tendu de tissu, et un petit bout de jardin sur le côté. La musique était très sympa puis après le concert, ils ont passé des tubes des années 70-80; parfait pour moi. Mais j’ai surtout discuté avec Giulio une grande partie de la soirée et comme je lui ai dit que je n’avais pas encore goûté la cuisine toscane, il m’a invitée à dîner le lendemain dans un restaurant tenu par un de ses amis. Décidément, ils ont tous un ami qui a un restaurant.....! Puis Giacomo a voulu rentrer et nous sommes repartis, conduits par son ami. Nous les avons quittés au parking et j’ai pris le volant; nous sommes allée à Chiusi comme ça, pour conclure la soirée. Un bar était ouvert et nous nous sommes arrêtés pour prendre un dernier verre: j’ai pris du Montenegro qui a un goût bizarre, j’ai voulu caresser le chien du bar mais il s’est mis à grogner, donc bon...Chiusi est une jolie ville, du moins la nuit. Je ne l’ai jamais vue de jour pour l’instant. Nous avons pas mal discuté sur un placette qui donnait sur la campagne d’un noir d’encre. Les oiseaux chantaient comme en plein jour, sans doute à cause des lampadaires. Et vers 4h30, nous sommes repartis.

Dimanche: Giulio m’avait dit ‘je passe te prendre à 19h30 au musée’. Soit. Je pensais qu’il allait confirmer via facebook mais il n’en a rien fait. J’étais donc en pyjama, prête à passer une soirée pépère, quand il a appelé. Habillée en deux minutes, et hop, nous étions sur les routes toscanes, noyés sous une pluie démentielle, en direction de Bagno Vignoni (photo). Une ville antique, dont la source chaude sort dans un grand bassin sur la place centrale. Après avoir erré dans la campagne à la recherche d’un raccourci, nous sommes finalement arrivés à destination, de nuit. En sortant de la voiture, un calme incroyable nous est tombé dessus. Un village paisible, tout en petites maisons de pierre, harmonieux et fleuri. Premier arrêt au bar local, très classe, d’ailleurs, où il a parlé avec des amis, puis direction le restaurant: en sous-sol, murs de pierre, poutres anciennes, mignon comme tout. Sur son conseil, j’ai pris un plat local: panzanella en antipasti (entrée). C’est tout bêtement du pain mouillé et essoré, agrémenté d’huile d’olive et de tomates. Le goût ressemble à celui du taboulé. Puis un plat sarde: il pane frattau, qui se compose de couches de pane carasau (galettes de blé très fines et craquantes), de pecorino, et de prosciutto, le tout gratiné au four. Ca n’est pas léger, mais ce n’est pas mauvais. Et en dessert, d’amusants sorbets au kiwi, contenus dans les moitiés des fruits.
Puis nous avons marché un peu pour digérer et nous nous sommes assis sur le bord du bassin où l’eau chaude fumait: il m’a expliqué que la moitié des belles bâtisses qui encerclaient la place ont appartenu à divers comtes. A présent, c’est la ville qui détient tout.
La pluie s’est mise à tomber sur le bassin et l’air s’est soudain rempli de sons de grelots. Magique.

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