Montepulciano 06/04

(warning: c’est assez long.)

Ce matin, ô bonheur, un soleil éclatant dans un ciel sans nuage illuminait la campagne...Parfait pour une journée de visite! car oui, aujourd’hui, c’est vacance! j’en ai donc profité pour aller à Montepulciano, une exquise petite ville perchée sur une colline voisine, à 20 minutes en ‘pullman’ (bus en italien).

Je suis partie sans trop savoir ce qu’il y avait à voir, sans plan, avec juste le commentaire pas très rassurant du Routard: 2 ou 3 heures suffisent pour voir la ville. Bon.

Un fois montée dans le ‘pullman’, j’ai été submergée par l’émotion: enfin, j’allais voir autre chose que Chianciano et ses hôtels sans charme! Première découverte des alentours! Je commence à voir la Toscane!... Malheureusement, le conducteur ne partageait visiblement pas mon émotion car il a conduit comme un fou sur les routes toute en courbes et virages serrés, si vite qu’on aurait pu croire qu’il ne voulait pas que je voie le paysage. J’ai pu malgré tout apprécier la beauté de la campagne toscane vue de la route, ce qui promettait des panoramas exceptionnels du haut de Montepulciano. Et en effet....

Les bus s’arrêtent à «l’autostazione» (gare routière) qui se trouve en contrebas de la ville. Cela demande donc un petit effort pour se hisser jusqu’au centre, que l’on atteint à l’aide d’escaliers et de ruelles (très) en pente. Vous l’avez compris, Montepulciano est nichée assez haut (600 m d’altitude) et on l’aperçoit de loin: un ensemble harmonieux de hauts bâtiments en briques roses.
Après un peu de marche et une montée assez raide, j’ai passé une porte très haute qui aboutissait sur une rue resserrée. Puis en continuant ma marche (au hasard), je suis tombée sur la rue principale de Montepulciano. Là, beaucoup de petites boutiques de souvenirs, d’artisanat local, et surtout de vin, se font vis-à-vis. Le vin santo, fabriqué depuis des siècles à Montepulciano est un vin délicieux, qui un a petit goût de porto, sans être aussi fort cependant.
J’ai suivi cette côte, qui m’a fait passer devant des bâtiments à l’architecture élégante, des églises du 14ème- 15ème siècle, le tout bien entretenu et propre. Si propre que certaines ruelles sentent la lessive d’ailleurs...N’oublions pas que nous sommes en Italie et qu’ici on peut impunément faire sécher ses chaussettes et ses draps à son balcon, quel que soit le cachet de la ville dans laquelle on habite. Mais la ville est tellement jolie que ça ne réussit pas à la gâcher, et tant mieux! d’ailleurs, il n’y en a pas tant que ça.
Au musée sont exposés des bijoux style étrusque faits par des artisans joailliers de Montepulciano. Je suis donc allée les voir et j’ai discuté assez longtemps avec madame qui m’a fait un bilan peu reluisant de l’administration de la ville: rien ne se fait, ni pour les artisans, ni pour la ville; elle a constaté amèrement que tous les trésors que renferment les églises de la ville disparaissent petit à petit; elle m’a fortement déconseillé de prendre un vélo sur les routes toscanes car elle-même est tombée à cause d’un camion qui l’avait frôlée...peccato...Puis j’ai continué de déambuler dans la ville.
En bonne touriste, je regardais partout autour de moi et j’ai vu que de part et d’autre de cette rue principale, d’innombrables petites ruelles creusent des accès vers: soit le bord de la ville, soit vers la partie haute (où se trouve un théâtre, un musée...que je visiterai un autre jour). Comme j’aime beaucoup prendre des chemins au hasard et sachant que tous les chemins mènent à Rome, qui de toute façon est moins loin de Montepulciano que de Paris, je me suis dit que même si je me perdais, ça ne serait pas très grave. J’ai donc emprunté tous ces petits passages («vicolo»), certains très raides, d’autres moins et grâce à eux, j’ai vu des panoramas superbes et j’ai visité une «cantina». Parenthèse «cantina»:
Madame l’orafa (orfèvre) citée plus haut, m’a conseillé d’aller voir les «cantine». Je lui ai dit que c’était parfait car j’avais très faim mais elle n’a pas eu l’air de comprendre. J’en ai conclu qu’on ne mange pas dans une «cantina». Alors que fichtre sont les «cantine»? Et bien ce sont tout bonnement des caves où, autrefois, diverses sortes de vin (dont le vin santo) fermentaient dans de gros tonneaux. Ecco.

J’ai acheté un panino pour déjeuner. Ma questo panino... Buonissimo!!! un pain juste croustillant, mozzarella fondante, courgettes légèrement aillées, huilées comme il faut et des tomates un peu confites. Hmmm....le tout dégusté dans l’herbe, au soleil, devant les collines et les cyprès toscans. Moment merveilleux.

Je suis repartie me perdre dans ce dédale de rues et j’ai abouti sur une grande place où un plateau de film était en train d’être démonté. J’ai vu une soeur en train de promener son chien. Il doit y avoir un couvent pas loin car j’en ai vu une autre, toute jeune, elle.
J’ai fini ma visite un peu désordonnée et, je le sais, incomplète. Mais j’ai été vraiment contente de voir une autre ville!! Puis je suis rentrée à Chianciano en pullman après avoir parlé et acheté des cartes postales à Diego, un Italien pur et dur, travaillant et vivant en famille, n’ayant jamais quitté l’Italie et ayant passé toute sa vie dans la région. J’ai remarqué que beaucoup de gens racontent leur vie et qu’en quelques minutes, ils nous en donnent une vision assez complète sans qu’on le leur demande vraiment. Lui, par exemple, adore le foot, les voitures et a peur de prendre l’avion alors qu’il a mon âge. Enfin...On trouve les mêmes en France ceci dit.

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