Roma
Deuxième voyage pour Rome depuis mars…Autre saison, autre ciel, autre lumière mais j’ai retrouvé les mêmes odeurs et la même moiteur qui bousille n’importe quel brushing.
Avant chaque départ pour l’Angleterre, mon environnement semble m’adresser de petits clins d’œil, tels des cailloux semés vers la destination finale : par exemple le matin de mon départ à l’aube pour Cambridge, presque en sortant de chez moi, nous avons roulé derrière une caravane anglaise. Une caravane anglaise n’est pas en soi une chose rare en France, mais j’avais trouvé amusant que ce soit la première voiture croisée ce matin-là. Comme si elle était là pour me donner un avant-goût du pays.
Et les jours qui précédèrent ce départ un peu précipité vers la Ritalie furent eux-aussi jalonnés de petites incursions italiennes dans mon quotidien parisien : une voiture immatriculée en Italie me passant sous le nez à Saint-Lazare, une chanson italienne dans une émission de variété franchouillarde (très proche de sa cousine italiounarde, d’ailleurs), puis dans le rer B qui me conduisait à Antony, un père discutant en italien avec son fils. Rien d’exceptionnel, je sais, mais comme mon esprit est axé sur l’horizon italien, il devient très attentif à tout ce qui s’y rapporte et prend tout pour des signes.
Voyage sans incident : le bébé qui était dans les bras de sa maman à ma gauche a saisi et fait tomber tout ce qui était dans le filet du fauteuil, (et c’était à bibi de tout ramasser car la maman hilare ne pouvait pas, bien évidemment) et il me réveillait régulièrement en agrippant ma veste. Mignon à part ça.
Rome donc…Mais Ciampino d’abord! nous avons atterri après être passé en rase-motte juste au dessus d’un hippodrome, où soit les chevaux sont habitués aux avions dès leur plus tendre enfance, soit ils portent bouchons dans les oreilles et œillères pour ne pas crever de peur et envoyer leurs cavaliers dans le sable…En montant dans la navette pour Termini, j’ai entendu avec horreur une chanson française que ma playlist italienne a eu tôt fait de couvrir.
J’avais 6 heures à rentabiliser avant de prendre mon train pour Chianciano. A peine arrivée, j’ai filé à la consigne pour y mettre ma valise en garderie. 4 euros pour 5 heures. Bon. Ensuite, sans guide et sans plan, j’ai pris la décision de me contenter de regarder les monuments, ce qui est très facile à Rome. Faire du « sight-seeing », quoi.
Souhait 1 : un peu de Dolce Vità, allons voir la fontaine de Trevi ! Fort heureusement, les vendeurs de tickets de bus devant Termini ont toutes les informations indispensables pour les non-détenteurs de guides touristiques comme moi. Je me suis sagement assise dans le bus 175. Puis un petit homme qui n’arrêtait pas de faire des aller-retours au téléphone en attendant le départ, est venu se tenir juste à côté de moi. Ce qui fait que je ne voyais rien à gauche. Je le trouvais d’ailleurs très proche. Disons que dans certains pays, ça serait mal passé. De but en blanc, il s’est mis à me parler en me balançant des banalités sur Rome. Aïe…Mais j’étais sauvée, il fallait que je descende bientôt ! peccato ! Il m’a aimablement indiqué où je devais aller, je l’ai remercié, salué et je suis descendue. Mais à peine sortie, je me suis retournée et qu’ai-je vu ? mon petit homme qui m’a rejointe en moins de deux. Il m’a demandé d’où j’étais (comme si ça ne s’entendait pas) pour combien de temps je séjournais à Rome (5 heures) etc. Lui m’a dit qu’il dirigeait une agence de tourisme : il m’a tendu sa carte en me priant de ne pas hésiter à le contacter la prochaine fois que je reviendrai. Certo, certo…Puis il m’a ré-indiqué une dernière fois le chemin et il s’en est allé, après m’avoir gratifié d’un « ciao bella ! » réchauffé. Ils ont la drague dans le sang, c’est incroyable. J’avoue que j’ai envisagé le moment où il aurait fallu soit que je l’injurie pour qu’il me lâche la grappe, soit que je parte en courant.
J’étais tout près. Après quelques ruelles peuplées de restaurants et pizzérias, je suis tombée sur la fontaine (pas dedans. Ca aurait été difficile, ceci dit). Amusante, cette fontaine encastrée dans un bâtiment. Comme une sorte de bouche par laquelle il régurgite de l’eau dans un bassin.Ensuite, je suis partie au hasard et je suis tombée sur la piazza del Quirinale, traversée par la Via del Quirinale qui passe devant il parco del Quirinale. J’y ai fait un petit tour.
Souhait 2 : Saint Pierre.
J’ai pris le premier bus que j’ai trouvé pour Saint-Pierre. Le bus est d’ailleurs passé devant il ponte Sant’ Angelo où tant de scènes de films romantiques italiens sont tournées. J’ai pris note, décidant de m’y rendre à pied après.
L’impressionnante Piazza San Pietro s’étale au fur et à mesure de notre avancée: je ne l’ai pas trouvée très remplie, dû sans doute au mois d’août expirant. Il y avait quand même beaucoup de queue pour rentrer dans la basilique. Je n’ai donc pas tenté. Ca reste magnifique de l’extérieur, du reste.
Quelques scènes m’ont fait sourire et j’ai retrouvé avec plaisir les Italien en plein ‘démonstratisme’: deux amis tout contents de se revoir, qui se sont claqué la bise en se prenant le visage à pleine main, et puis ça se pinçait la joue et se la tapotait en rigolant. Plus loin, un père enseignait à son fils comment exprimer son énervement avec les mains. Instructif : se pencher pour se mettre à la hauteur d’un petit, tendre les mains avec le pouce plus écarté que les autres doigts, puis donner du mouvement, le tout rapproché du visage, paume vers le ciel. Ne pas hésiter à varier, en joignant les doigts au pouce, par exemple. Il faut évidemment hausser le ton (et le hausser très haut).
Après avoir fait un tour, je suis revenue sur mes pas, puis j’ai tourné à gauche pour me rendre sur le très joli Ponte Sant’Angelo. Un pont qui a des petits frères moins sympathiques car permis aux voitures. La perspective est néanmoins très élégante, et ces ponts qui se font écho en style enjambent un Tibre vaseux, envahi par des algues vert amande.
Il pourrait faire penser au pont Saint Charles à Prague sauf que les statues sont blanches et qu’il est beaucoup plus court. Il donne accès au Castel Sant’ Angelo: une structure ronde en brique qui abrite des expositions. Chiuso il lunedi’. Je me suis donc promenée le long des murs qui longent le Tibre, où un petit bout de Paris a comme resurgi : des mimes, des bouquinistes où on peut chiner des affiches, des photos extraites du patrimoine cinématographique italien. (Pas toujours fin). J’ai rejoint l’autre rive par le troisième pont. Et de là, place au souhait 3.
Souhait 3 : la Piazza Navona.
Impossible de laisser de côté cette place, où tant de créatures mythologiques se contorsionnent, se battent contre des pieuvres ou s’écrasent devant la supériorité pontificale. Superbes. Il y avait un nombre tolérable de touristes et même un petit orchestre de blues, très médiocre d’ailleurs. Mais bon. En faisant attention de ne pas me casser la figures sur les dalles sur-polies de la place (comme dans tous les monuments romains), je l’ai quittée afin de trouver quelque pitance. Que je refusais de consommer dans un endroit ‘pour touristes’. C’est sans doute pour ça que j’ai longtemps erré dans les rues avant de trouver une pizzeria…pour touristes. Le serveur, qui m’arrivait à mi-bras (minuscule, donc) a commencé à me parler en anglais. Halte-là, signor ! je suis là pour pratiquer, zut ! je me suis installée, dehors, du côté où il n’y avait personne. Mais le monde attire le monde et très vite, deux amies anglaises qui n’arrêtaient pas de se plaindre se sont assises à côté, puis un couple d’Allemands, puis deux Italiens. J’ai vite fini ma pizza et je suis partie prendre un bus pour rentrer à Termini. Je me suis inutilement stressée car j’avais encore beaucoup de temps devant moi, et j’ai donc pu aller admirer la Piazza di Venezia.
Je ne crois pas avoir été autant impressionnée par un monument. Ou alors la chaleur et la fatigue m’ont rendue plus émotive. Mais toujours est-il que j’avais presque les larmes aux yeux devant ce palais d’un gigantisme idéalement proportionné, un hymne en marbre à la patrie italienne. Flamboyant de finesse et de majesté. Certains pourraient l’assimiler à une grosse meringue mais une meringue plutôt intimidante…Un statue de Vittorio-Emmanuele géante se dresse au milieu, encadrée par des chars sur deux promontoires latéraux, qui font penser à la Porte de Brandebourg à Berlin.
Après ça, direction Termini et puis, adieu, Roma et bonjour la Toscana !
Avant chaque départ pour l’Angleterre, mon environnement semble m’adresser de petits clins d’œil, tels des cailloux semés vers la destination finale : par exemple le matin de mon départ à l’aube pour Cambridge, presque en sortant de chez moi, nous avons roulé derrière une caravane anglaise. Une caravane anglaise n’est pas en soi une chose rare en France, mais j’avais trouvé amusant que ce soit la première voiture croisée ce matin-là. Comme si elle était là pour me donner un avant-goût du pays.
Et les jours qui précédèrent ce départ un peu précipité vers la Ritalie furent eux-aussi jalonnés de petites incursions italiennes dans mon quotidien parisien : une voiture immatriculée en Italie me passant sous le nez à Saint-Lazare, une chanson italienne dans une émission de variété franchouillarde (très proche de sa cousine italiounarde, d’ailleurs), puis dans le rer B qui me conduisait à Antony, un père discutant en italien avec son fils. Rien d’exceptionnel, je sais, mais comme mon esprit est axé sur l’horizon italien, il devient très attentif à tout ce qui s’y rapporte et prend tout pour des signes.
Voyage sans incident : le bébé qui était dans les bras de sa maman à ma gauche a saisi et fait tomber tout ce qui était dans le filet du fauteuil, (et c’était à bibi de tout ramasser car la maman hilare ne pouvait pas, bien évidemment) et il me réveillait régulièrement en agrippant ma veste. Mignon à part ça.
Rome donc…Mais Ciampino d’abord! nous avons atterri après être passé en rase-motte juste au dessus d’un hippodrome, où soit les chevaux sont habitués aux avions dès leur plus tendre enfance, soit ils portent bouchons dans les oreilles et œillères pour ne pas crever de peur et envoyer leurs cavaliers dans le sable…En montant dans la navette pour Termini, j’ai entendu avec horreur une chanson française que ma playlist italienne a eu tôt fait de couvrir.
J’avais 6 heures à rentabiliser avant de prendre mon train pour Chianciano. A peine arrivée, j’ai filé à la consigne pour y mettre ma valise en garderie. 4 euros pour 5 heures. Bon. Ensuite, sans guide et sans plan, j’ai pris la décision de me contenter de regarder les monuments, ce qui est très facile à Rome. Faire du « sight-seeing », quoi.
Souhait 1 : un peu de Dolce Vità, allons voir la fontaine de Trevi ! Fort heureusement, les vendeurs de tickets de bus devant Termini ont toutes les informations indispensables pour les non-détenteurs de guides touristiques comme moi. Je me suis sagement assise dans le bus 175. Puis un petit homme qui n’arrêtait pas de faire des aller-retours au téléphone en attendant le départ, est venu se tenir juste à côté de moi. Ce qui fait que je ne voyais rien à gauche. Je le trouvais d’ailleurs très proche. Disons que dans certains pays, ça serait mal passé. De but en blanc, il s’est mis à me parler en me balançant des banalités sur Rome. Aïe…Mais j’étais sauvée, il fallait que je descende bientôt ! peccato ! Il m’a aimablement indiqué où je devais aller, je l’ai remercié, salué et je suis descendue. Mais à peine sortie, je me suis retournée et qu’ai-je vu ? mon petit homme qui m’a rejointe en moins de deux. Il m’a demandé d’où j’étais (comme si ça ne s’entendait pas) pour combien de temps je séjournais à Rome (5 heures) etc. Lui m’a dit qu’il dirigeait une agence de tourisme : il m’a tendu sa carte en me priant de ne pas hésiter à le contacter la prochaine fois que je reviendrai. Certo, certo…Puis il m’a ré-indiqué une dernière fois le chemin et il s’en est allé, après m’avoir gratifié d’un « ciao bella ! » réchauffé. Ils ont la drague dans le sang, c’est incroyable. J’avoue que j’ai envisagé le moment où il aurait fallu soit que je l’injurie pour qu’il me lâche la grappe, soit que je parte en courant.
J’étais tout près. Après quelques ruelles peuplées de restaurants et pizzérias, je suis tombée sur la fontaine (pas dedans. Ca aurait été difficile, ceci dit). Amusante, cette fontaine encastrée dans un bâtiment. Comme une sorte de bouche par laquelle il régurgite de l’eau dans un bassin.Ensuite, je suis partie au hasard et je suis tombée sur la piazza del Quirinale, traversée par la Via del Quirinale qui passe devant il parco del Quirinale. J’y ai fait un petit tour.
Souhait 2 : Saint Pierre.
J’ai pris le premier bus que j’ai trouvé pour Saint-Pierre. Le bus est d’ailleurs passé devant il ponte Sant’ Angelo où tant de scènes de films romantiques italiens sont tournées. J’ai pris note, décidant de m’y rendre à pied après.
L’impressionnante Piazza San Pietro s’étale au fur et à mesure de notre avancée: je ne l’ai pas trouvée très remplie, dû sans doute au mois d’août expirant. Il y avait quand même beaucoup de queue pour rentrer dans la basilique. Je n’ai donc pas tenté. Ca reste magnifique de l’extérieur, du reste.
Quelques scènes m’ont fait sourire et j’ai retrouvé avec plaisir les Italien en plein ‘démonstratisme’: deux amis tout contents de se revoir, qui se sont claqué la bise en se prenant le visage à pleine main, et puis ça se pinçait la joue et se la tapotait en rigolant. Plus loin, un père enseignait à son fils comment exprimer son énervement avec les mains. Instructif : se pencher pour se mettre à la hauteur d’un petit, tendre les mains avec le pouce plus écarté que les autres doigts, puis donner du mouvement, le tout rapproché du visage, paume vers le ciel. Ne pas hésiter à varier, en joignant les doigts au pouce, par exemple. Il faut évidemment hausser le ton (et le hausser très haut).
Après avoir fait un tour, je suis revenue sur mes pas, puis j’ai tourné à gauche pour me rendre sur le très joli Ponte Sant’Angelo. Un pont qui a des petits frères moins sympathiques car permis aux voitures. La perspective est néanmoins très élégante, et ces ponts qui se font écho en style enjambent un Tibre vaseux, envahi par des algues vert amande.
Il pourrait faire penser au pont Saint Charles à Prague sauf que les statues sont blanches et qu’il est beaucoup plus court. Il donne accès au Castel Sant’ Angelo: une structure ronde en brique qui abrite des expositions. Chiuso il lunedi’. Je me suis donc promenée le long des murs qui longent le Tibre, où un petit bout de Paris a comme resurgi : des mimes, des bouquinistes où on peut chiner des affiches, des photos extraites du patrimoine cinématographique italien. (Pas toujours fin). J’ai rejoint l’autre rive par le troisième pont. Et de là, place au souhait 3.
Souhait 3 : la Piazza Navona.
Impossible de laisser de côté cette place, où tant de créatures mythologiques se contorsionnent, se battent contre des pieuvres ou s’écrasent devant la supériorité pontificale. Superbes. Il y avait un nombre tolérable de touristes et même un petit orchestre de blues, très médiocre d’ailleurs. Mais bon. En faisant attention de ne pas me casser la figures sur les dalles sur-polies de la place (comme dans tous les monuments romains), je l’ai quittée afin de trouver quelque pitance. Que je refusais de consommer dans un endroit ‘pour touristes’. C’est sans doute pour ça que j’ai longtemps erré dans les rues avant de trouver une pizzeria…pour touristes. Le serveur, qui m’arrivait à mi-bras (minuscule, donc) a commencé à me parler en anglais. Halte-là, signor ! je suis là pour pratiquer, zut ! je me suis installée, dehors, du côté où il n’y avait personne. Mais le monde attire le monde et très vite, deux amies anglaises qui n’arrêtaient pas de se plaindre se sont assises à côté, puis un couple d’Allemands, puis deux Italiens. J’ai vite fini ma pizza et je suis partie prendre un bus pour rentrer à Termini. Je me suis inutilement stressée car j’avais encore beaucoup de temps devant moi, et j’ai donc pu aller admirer la Piazza di Venezia.
Je ne crois pas avoir été autant impressionnée par un monument. Ou alors la chaleur et la fatigue m’ont rendue plus émotive. Mais toujours est-il que j’avais presque les larmes aux yeux devant ce palais d’un gigantisme idéalement proportionné, un hymne en marbre à la patrie italienne. Flamboyant de finesse et de majesté. Certains pourraient l’assimiler à une grosse meringue mais une meringue plutôt intimidante…Un statue de Vittorio-Emmanuele géante se dresse au milieu, encadrée par des chars sur deux promontoires latéraux, qui font penser à la Porte de Brandebourg à Berlin.
Après ça, direction Termini et puis, adieu, Roma et bonjour la Toscana !

Marie,
RépondreSupprimertu es repartie pour combien de temps?
Karine Brun