Étape 18: de Monteriggioni à Siena

Étape de 21 km avec peu de dénivelés (mais 2 jolies côtes!)


Le couple d’Italiens avec lesquels je partageais la chambre s’est réveillé aux aurores (décidément!) et je me suis donc levée assez tôt. Les Français étaient partis depuis bien longtemps...

Monteriggioni était déserte, ce qui contrastait avec mon arrivée hier au milieu des touristes (qui ne s’attardent pas tant que ça puisque c’est tout petit). À part les livraisons des petits cafés, j’étais la seule dans les rues. 

Lorsque les cloches de l’église sonnèrent 8 heures, je me trouvais déjà en contrebas de Monteriggioni. 

Le chemin s’annonçait beau et faisait passer à travers des champs de blé, croisant des châteaux médiévaux qui ne se visitent pas mais sont de jolis exemples de la puissance de la Toscane au Moyen-Age. 
On traverse aussi de mignons bois peuplés de chênes et de cigales qui faisaient un bruit de crécelle. Rien à voir avec nos cigales du midi. Celles-ci étaient dans la gamme « stridente» et j’ai presque eu envie de mettre mes boules quies.

Sur la route j’ai rencontré un couple de « pèlerins » anglais qui prenait l’ombre au pied d’une jolie tour. Puis plus loin, ce furent les Italiens que je retrouvai au détour d’un chemin. Nous fîmes un bout de route ensemble mais comme nous n’avions pas le même rythme j’ai continué et à un croisement, un panneau annonçait « Ermitage de San Eremmo al Lago », 600 mètres. Il était encore tôt et j’avais le temps avant d’arriver à Sienne. J’ai donc pris la décision de visiter cet ermitage, le détour n’étant pas si important.

Après un chemin dans les bois, on débouche tout d’un coup sur une bâtisse massive du 12ème siecle (et peut-être avant). Au portail un panneau indiquait de sonner pendant les jours et heures d’ouverture (qui devraient être indiquées sur le chemin) afin d’accéder aux bâtiments- gratuitement. Par chance je me trouvais pile dans la bonne fourchette et j’appuyai sur la sonnette. Le gardien vint m’ouvrir, queue de cheval et lunettes tintées sur le nez, et j’en conclus qu’il n’y avait plus de religieux aux commandes. Effectivement l’Etat a racheté l’ensemble en 57. 
Très peu loquace, il me donna accès aux deux endroits ouverts au public: le réfectoire et l’église gothique où de superbes fresques du 14eme siècle racontent la vie de la Vierge. En 10 minutes c’était plié et il me raccompagna vers le portail. Le pauvre n’en avait pas fini car une minute après une voiture arrivait avec 2 touristes, animés par la ferme intention de visiter l’Ermitage. 


Fort heureusement je n’avais pas à faire demi-tour car la Via Francigena continuait pour rejoindre l’itinéraire que j’avais quitté. On débouche sur une charmante « Osteriaccia » désignant localement une auberge médiévale, destinée à l’accueil des pèlerins ou autres voyageurs et aujourd’hui devenue une habitation coquette. 


J’ai continué ma route et suis retombée sur les Italiens qui faisaient une pause à l’ombre d’une nationale. J’ai préféré continuer, Sienne n’étant plus très loin! En fait il restait quand même 4 kilomètres une fois passé le panneau « Siena » qui parurent interminables...à 13h00 j’étais arrivée et je me suis posée dans un café en-dehors du centre historique pour me trouver un logement. J’hésitais entre hôtel/B&B ou Ostello. Le choix se porta sur un des Ostello qui avait l’air tout neuf, juste à côté de la cathédrale et 2 heures plus tard, après jus d’orange et jus d’abricot j’y arrivais, parcourant avec plaisir cette ville façonnée par les légendes romaines, la religion catholique et ses traditions médiévales. 

J’avais oublié à quel point la cathédrale de Sienne était belle. Plus que belle elle est presque divine (c’est tout de même une cathédrale!): une façade absolument splendide, travaillée comme un tableau tant le détail et l’abondance des personnages sculptés est remarquable. Qui a dit que le Moyen-Age était obscur et arriéré? L’intérieur et d’ailleurs tous les autres lieux liés à la cathédrale comme le baptistère témoignent d’un incroyable talent des artisans toscans. Et de l’incroyable richesse de Sienne il fut un temps! 



J’ai été très contente de trouver l’original de la couverture d’un CD des Quatre Saisons de Vivaldi que nous avions à la maison dans une des enluminures exposées dans la Libreria Piccolimini (XVe-XVIe). On ne sait d’ailleurs plus où donner de la tête entre les enluminures et la salle, recouverte de fresques, qui les abrite. Tout est splendide. Pareillement, le sol de la cathédrale, fait d’un pavement de marbre illustrant des scènes de la Bible est splendide.


J’ai fini par le baptistère où un spectacle son et lumière avait lieu dans une chapelle au sous-sol (pas tout compris...).

Je me suis ensuite baladée vers la Piazza Del Campo,comme toujours très animée, puis j’ai dîné et suis rentrée (tôt) à l’ostello.


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