Étape 16: de Gambassi Terme à San Gimignano
Samedi 9 juin/14km avec un peu de dénivelés (une promenade de santé quoi)
Une nouvelle fois tout le dortoir se réveilla avant le chant du coq. Heureusement j’avais bien dormi, sourde, pour une fois, aux ronflements...
A 7h30 je rentrai dans Gambassi Terme (que je n’avais pas visitée). Un petit bourg qui a conservé une petite partie un peu médiévale mais je ne me suis pas attardée. Tout de suite après la sortie on emprunte des chemins absolument magnifiques qui font longer les vignes du Chianti.
Comme hier on passe devant de splendides maisons en pierre rousse, «podere » privés ou domaines viticoles, seuls face aux collines quadrillées d’oliviers ou striées de vignes.
Il était tôt mais le soleil chauffait déjà fort d’autant plus qu’il n’y avait pas de vent.
Au loin, on distinguait les tours de San Gimignano, surpassant toutes les autres collines.
Sur la route j’ai dépassé les Nordiques qui semblaient papoter sans arrêt et qui, je pense, n’ont pas vu un mignon cochon noir faisant la sieste entre deux lauriers roses! Il devait appartenir au petit club hippique qui était à côté.
Sur le chemin on passe aussi devant plusieurs belles églises romanes et une crèche grandeur nature à Pancole.
Un peu avant San Gimignano, on tombe sur le monastère oecuménique de Bose, communauté d’hommes et de femmes qui vivent selon une règle de travail, prière et vie en communauté, dans un cadre qui n’est pas laid il faut l’avouer..
Pas d’autre itinéraire que la route pour entrer dans San Gimignano mais elle permet d’avoir un splendide point-de-vue sur la ville.
J’ai revu avec plaisir la magnifique ville de San Gimignano tellement bien conservée qu’on imagine sans peine un pèlerin du Moyen-Age y entrant. J’ai donc essayé de le vivre comme tel, et non comme une touriste, qui sont légion là-bas évidemment...le coût du jus d’abricot s’en est ressenti! Difficile au final, trop de populace touristique (dont je fais partie?vraiment?)
Comme j’y étais déjà allée avec Melvyn, je n’ai rien visité et me suis contentée de me balader. J’ai rencontré le couple de Hollandais, étonnés de me voir déjà arrivée, et nous avons fait un tour ensemble. Puis ils sont partis déjeuner avant de rejoindre un camping sur la route de la prochaine étape, qui dispose du «coin du pèlerin » (le seul logement pour pèlerin en-dehors du centre de San Gimignano), où je me suis promis de ne pas aller...
Je me suis installée dans un café en dehors de la ville et j’ai pris une bruschetta délicieuse. Puis je suis repartie afin de me trouver un logement, de façon à raccourcir un peu l’itinéraire de demain (et pas au camping! Je voulais me reposer). En effet, j’avais croisé tellement d’agriturismo, B&B etc sur le chemin que je me disais que sans peine je pourrais trouver un équivalent par la suite. Et bien non. L’un était trop proche du centre, l’autre complet et j’ai donc dû me rabattre sur...le camping! Au final j’ai un petit bungalow à moi toute seule, confortable, pour 16€. J’ai pu laver toutes mes affaires et même aller nager à la piscine juste à côté! J’ai donc retrouvé le couple de Hollandais et la dame allemande et nous avons dîné ensemble et ce fut très sympathique.
En attendant que mes affaires sèchent, j’ai eu la chance d’assister au Roland Garros local, le dernier match du « Torneo Open Maschile di San Gimignano » qui se déroule au club de tennis juste à côté. Deux jeunes joueurs fougueux qui envoient de temps en temps la balle en-dehors du cours, qui n’hésitent pas à parler avec le public, un arbitre florentin, bref un beau match ;-) et un beau concert de clôture commençant à 22h30, moi qui voulais dormir tôt comme mes co-pèlerins. On est servi!
Les personnes rencontrées:
-Un monsieur (Mario), dans le jardin de son joli B&B qui m’apostropha alors que je passais. Il commença à me parler en français puis on embraya sur l’italien et me raconta un peu sa vie et tout ce qui l’énervait chez les Français « mais pourquoi les Français veulent tout traduire?(alors qu’il venait à peine de me dire qu’il était agacé par tous les mots anglais utilisés en italien) »
Me montrant la coquille peinte sur céramique ornant son portail, il me dit: « Ici, et d’ailleurs partout, on dit « Santiago di Compostela » mais non vous, vous dites St Jacques de Compostelle!! » je lui fis remarquer que bien que la Via Francigena passe par la France, tout comme Santiago/St Jacques, son nom n’avait pas été traduit pas Voie des Francs. Discussion dont le seul intérêt fut qu’il m’indiqua que je me trouvais exactement à mi-chemin.
-Un cycliste qui me dit en passant: « ciao pellegrina! » (« bonjour pèlerine! »)
-Une dame à San Gimignano qui m’expliqua que la ville conserva son aspect médiéval -même si elle perdit 58 tours sur les 74- car elle fut abandonnée lorsqu’il y eut la peste noire au 14eme siècle, la Via Francigena ne passant désormais plus en son centre, tarissant ainsi une belle source de commerce et de richesse. Florence, qui l’avait en sa possession, en fit de plus une ville militaire,ce qui en limita l’évolution architecturale.
Les animaux croisés:
Le cochon tout noir, souriant presque béatement alors qu’il faisait la sieste sur le bord du chemin, allongé entre deux lauriers roses. Vraiment trop mignon...!!





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