Étape 14: de Altopascio à San Miniato (alto)

Jeudi 7 juin- 29 km- peu de dénivelés 

Mes « colocs » (retraitées) allemande et norvégienne que je vais appeler les Nordiques, se sont réveillées et sont parties aux aurores et de plus nous avions laissé le fenêtre ouverte à cause de la chaleur ce qui fait que le jour me réveilla de toute façon. C’est ainsi que je me retrouvai à 6h45 en chemin. Après une très mauvaise nuit. Heureusement c’était une étape sur du plat!

La sortie de ville fut comme d’habitude un peu ingrate mais on arrivait assez vite dans un sous-bois ravissant, qui fleurait bon la côte méditerranéenne: pins maritimes, chênes, bruyères et sol sableux qui était doux pour les pieds. 
Je pensais entendre des animaux fourrager à côté de moi et j’ai donc fortement accéléré la cadence...oui on peut devenir poltron assez vite. Je l’avoue.

On foule ensuite les vieux pavés d’une des Via Romea (Xeme siècle), voie ainsi nommée car c’était un itinéraire de pèlerinage vers Rome. Je me suis arrêtée me faire un panino dans une petite supérette où j’ai pu faire tamponner ma credenziale. Le monsieur m’a raconté qu’il y a quelque temps une vraie de vraie pèlerine française est passée: 74 ans, partie de chez elle dans le sud-est de la France avec tente et sac, une énorme croix autour du cou et n’a acheté que du pain et de l’eau. J’avais presque honte de moi.


Quelque temps plus loin, pause technico/jus-d’abricot à Ponte a Cappiano, minuscule bled animé en cette matinée par un petit marché de fruit et poissons. 
Je me suis installée dans le bar local pour faire ma pause. Là j’ai revu mes colocataires parties bien avant moi, qui se sont étonnées de me voir arrivée en même temps qu’elles. Je ne leur ai pas raconté mes hallucinations auditives, bien sûr, et j’ai tout mis sur le compte d’une aptitude physique hors du commun (je plaisante évidemment..je sortais de 2 jours de farniente et elles ne devaient pas être très rapides.)

La suite du périple faisait longer le Canal Maestro pour ensuite arriver à Fucecchio, mignon bourg qui eut un beau passé médiéval dont subsistent quelques tours et bâtisses. J’ai pris le temps de visiter le musée local (payant et sans visite guidée cette fois) qui expose les différentes trouvailles locales archéologiques de la Préhistoire au Moyen-Age et quelques jolis tableaux de l’Ecole de Florence du 15eme siècle. Une autre salle était  consacrée  à un peintre du 20eme siècle Arturo Checchi, Fucecchiosien(je ne sais pas comment ça se dit) et pour couronner le tout, une salle dédiée à la taxidermie aviaire...Des espèces locales figées à jamais dans le silence. Bien triste mais ça me permettra d’apprendre le nom de certains oiseaux!
Je ne peux pas tout décrire mais ce fut très interessant, en particulier une explication sur le commerce qui fructifia à l’époque romaine en Toscane grâce à l’Arno (nous sommes dans le Valdarno) et qui rend aujourd’hui cette région riche en découvertes archéologiques. Papa aurait été ravi car les panneaux étaient amplement détaillés!



A 14h45 j’arrivais à San Miniato basso (résidentiel) où une aire de pause avait été installée par un particulier pour les pèlerins avec eau fraîche et biscuits. Vraiment sympa!
A 15h30 j’arrivais à San Miniato, superbe tout petit centre médiéval qui s’étire sur le flanc de la colline. 
Ne sachant pas trop où dormir, j’ai appelé plusieurs structures avant de fixer mon choix sur l’Ostello Del Pellegrino, en contrebas de la ville et auquel on accède via une pente très raide ce qui me découragea un peu pour revenir en ville plus tard...
L’ostello se trouve dans une maison privée que le propriétaire voulut consacrer à l’accueil des pèlerins. Des bénévoles accueillent à tour de rôle les pèlerins qui se présentent à la porte. 
Le dortoir était complet: une Sicilienne qui fait la route à partir de Rome mais en pause à cause de douleur à la cheville, une Française partie de Perpignan, un Français arrivé tardivement et mes 2 colocs « nordiques » arrivées en fin de journée. 

Une fois la douche faite et les affaires lavées je suis partie en ville. Ville est un bien grand mot car San Miniato est en fait minuscule et au final sans grand intérêt. Je me suis arrêtée dans un bar où un concert commençait mais je m’étais engagée à ramener du bouillon en cube pour le risotto du soir et je ne me suis malheureusement pas attardée..


Le bénévole a cuisiné pour tout le monde: tomates farcies au thon et tartines de pâté, très bon risotto au gorgonzola et citrouille, salade et pommes en dessert. Le dîner fut sympathique, et je servais d’interprète pour les Italiens qui ne parlaient pas anglais, pour les Français qui ne comprenaient pas l’italien et anglais pour les 2 nordiques qui ne comprenaient ni l’italien ni le français. 



Les personnes rencontrées: 
A Ponte a Cappiano, un homme d’une soixantaine d’année, ravi de parler un peu français m’a raconté (entre autre!) qu’il fut percuté par une voiture et plongé dans le coma à l’âge de 30 ans. Au réveil il a presque dû tout réapprendre «c’est ma deuxième vie! En fait j’ai 30 ans » me dit-il avec un clin d’œil. Au moment de partir, il tint absolument à m’offrir quelque chose et j’ai donc choisi une friandise pas trop chère... à part ça j’assume totalement la trentaine..

-à Fucecchio, le gérant du bar où j’ai repris un jus d’abricot et qui m’a conseillé d’aller visiter le musée. 


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