Étape 6: du Passo della Cisa à Pontremoli
Dimanche 27/05- 20 km avec encore une fois beaucoup de dénivelés.
Afin d’échapper aux motos je suis partie très tôt, vers 7h45. J’ai dit au revoir ou à la revoyure aux autres « pèlerins » et me suis lancée sur la route si encombrée hier et ce matin si calme.
Au Passo della Cisa, je suis entrée dans la petite église qui domine le passage.
Et puis franchissant un porche symbolique je suis entrée en Toscane!
Évidemment aucun changement majeur. Nous sommes encore dans les Appenins et la végétation reste la même, mais ce chemin-la était envahi d’ail des ours qui dégageaient une puissante odeur de ciboulette.
Évidemment aucun changement majeur. Nous sommes encore dans les Appenins et la végétation reste la même, mais ce chemin-la était envahi d’ail des ours qui dégageaient une puissante odeur de ciboulette.
Une première partie de chemin paisible à travers des conifères et à l’abri des premiers rayons chauds du soleil.
J’ai vu un jeune cerf qui broutait, insouciant, l’herbe haute d’une petite prairie. Il n’a pas eu peur de moi.
Puis un dernier chemin de crête surplombant l’autoroute qui elle doit se contenter du tunnel, et c’était parti pour plus d’un kilomètre de descente très très raide, sur un chemin pierreux où les chaussures glissent. Éreintant!heureusement le parfum sucré des genêts adoucissaient un peu l’effort...
Je me suis arrêtée pour déjeuner dans un petit bled et ai réussi à me couper aux 2 pouces avec mon couteau Suisse tout neuf. Trop forte..
J’ai continué mon chemin dans une chaleur étouffante et pour cause un orage commençait à gronder. Il était loin heureusement. Le paysage se faisait plus domestiqué et on commençait à voir les premiers oliviers. Les maisons par contre étaient toujours en pierre grise.
J’accédai au dernier chemin en sous-bois ponctué d’un chemin de croix (assez costaud) tout neuf. Je marchais tranquillement quand j’ai entendu quelqu’un fourrager dans les buissons à côté. Je me suis dit que c’était sans doute un promeneur qui ramassait des champignons (c’est la saison des cèpes dans tous les Appenins). Mais soudain j’ai entendu « groiiink » et là je me suis dit que ce n’était sans doute pas un humain mais...un sanglier! Je me suis arrêtée aussitôt près d’un arbre, le cœur battant à tout rompre. J’ai attendu qu’il parte et il s’est mis à bouger. Je me suis avancée mais en regardant sur le côté, je l’ai vu. et lui aussi. je suis vite repartie en arrière et je regardais où je pourrais grimper au cas où et commençais à m’imaginer les pires scénarios. Puis il est progressivement revenu en arrière et j’en ai profité pour prendre les jambes à mon cou..
J’ai dévalé le reste du chemin regardant bêtement derrière moi s’il ne me suivait pas. Mais il avait visiblement mieux à faire!
Pendant ce temps, l’orage grondait de plus en plus fort mais j’étais encore dans la partie ensoleillée.
À peine arrivée à Pontremoli (vers 15h30) je me suis précipitée vers l’Ostello qui se trouve dans le château médiéval de Piagnaro, abritant un musée de stèles préhistoriques trouvées au 19eme siècle. Ces stèles anthropomorphes sont fameuses dans la région (la Lunigiana, frontière entre la Ligurie et la Toscane).
J’ai pris possession de ma chambre dans la partie haute du château et j’étais seule. Pas d’autre pèlerins.
Pendant que je lavais mes affaires, l’orage éclata soudain, et une pluie diluvienne s’abattit avec force sur la ville et la campagne. J’ai eu une pensée pour tous les pèlerins encore en marche...
La pluie cessant, je suis partie visiter un peu Pontremoli, la porte toscane des Appenins. Une ville médiévale qui s’étire le long de la rivière Magra, et se scinde même en 2 quartiers riverains, et qui prit son essor grâce à la Via Francigena.
Je me suis posée dans une petite Osteria où j’ai mangé pour 15€ de raviolis de sarrasins farcis aux épinards, de cèpes frits avec pommes-de-terre, un verre de vin et de l’eau. Un delice
Puis retour à mon château où j’ai un peu galéré avec la chaîne du portail. Et au lit!



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