Étape 3: de Fidenza à Fornovo di Taro
Etape de 34 km...je ne savais honnêtement pas si j’étais capable de le faire et m’étais pris au cas où un logement dans une ville intermédiaire.
J’ai commencé mon étape à 8h45 (45 minutes de retard sur l’horaire prévu). Comme certaines affaires n’étaient pas sèches, j’ai utilisé mon sac comme séchoir. Brassière, serviette et chaussettes étaient ainsi élégamment accrochées à mon sac. La classe.
Alors que je quittais Fidenza et la partie bitumée et bétonnée pour entrer (enfin!) dans la campagne, je tombai nez à nez (ou plutôt nez à museau) avec 3 pit-bulls sans laisse..la première seconde de panique passée (les chiens sentent la peur, les chiens sentent la peur..) j’ai aperçu le propriétaire qui s’est empressé de me rassurer. C’étaient apparemment une joyeuse famille, la mère et deux fistons, et la 3ème génération de pitBulls qu’il avait. Tellement gentils que même son perroquet, d’après lui, se perchait sur leur dos.Rien à craindre donc. J’ai même caressé un des toutous. Je pense que c’est d’ailleurs le premier pitbull que je caresse. Il m’a souhaité une bonne continuation et j’ai poursuivi ma route et ai expérimenté les premières côtes. Puis le chemin s’est radouci, faisant passer dans de tout petits bourgs aux odeurs de chèvrefeuille, dans la paisible campagne d’Emilie-Romagne.
Puis Melvyn m’a annoncé alors que je me trouvais à un tiers du chemin, qu’il m’avait trouvé un logement à Fornovo (hé oui j’ai mon agence de voyage aux petits oignons!) ceci finit par me décider: moins de distance à parcourir lors de la prochaine étape dans les Appenins. J’ai annulé l’autre logement et c’était parti pour le grand chemin!
J’ai rencontré en route le petit retraité (Stefano) qui fait le même chemin que moi et nous avons continué ensemble. Comme il avait un bon rythme, ça m’a en quelque sorte motivée pour aller rapidement jusqu’au bout. Tous les conseils des randonneurs (manger, boire régulièrement, se reposer, bloquer son sac sur les hanches) ne s’appliquent pas du tout à lui. Il marche avec le sac de travers, ne mange pas, boit très peu et fait peu de peu de pauses. Ça ne l’a pas empêché d’aller à un rythme constant sans fatigue apparente pendant que je me décomposais au fur et à mesure. Les derniers kilomètres furent durs...d’un naturel bavard, il n’a malheureusement pas trouvé beaucoup de répondant à côté!
Arrivée à Fornovo vers 18h, je me suis précipitée à la structure spéciale pèlerins (moins bien celle-là), et j’ai fait connaissance avec mes 2 « colocs » allemandes, qui tous les ans font un bout de la VF.
Les personnes rencontrées:
-Le propriétaire des pitBulls: le cou et les poignets chargés de colliers et gourmettes. De son propre aveu, il préfère les animaux aux humains auxquels il ne peut faire confiance et à donc une affection pour tous les animaux. Et surtout les pitbulls semble-t-il!
-un homme qui s’est arrêté en voiture à ma hauteur (j’étais quand même sur mes gardes) mais il voulait juste savoir si je faisais le pèlerinage sur la Via Francigena et m’a congratulée chaleureusement puis est reparti. Globalement je rencontre beaucoup de bienveillance, de curiosité car c’est très inhabituel de voir une fille seule faire de la rando et certains conducteurs font des signes de tête ou de la main. Plutôt sympa!
-un fermier qui a arrêté son tracteur pour nous parler: « vous allez jusqu’à Rome?? » et à ma question il m’a dit que non, jamais il n’avait marché sur le chemin. Pas le temps!
Les animaux croisés:
A part les pitbuls, de jolis geais qui passaient devant moi, et une foultitude de beaux papillons bleus, chose rare de nos jours...



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