Mercredi 01/09 - la côte amalfitaine

Ce matin, j'ai réussi à joindre mes amis. Mon idée première était de faire Pompéi mais je les ai suivis dans leur exploration de la côte par bateau. Le temps était magnifique, le ciel bleu et dégagé, le soleil brillait avec force et une légère brise rafraîchissait l'air. Leur propriétaire leur ayant proposé de les déposer à Sorrento, je me suis acheminée vers leur Bed & Breakfast: pas très loin du mien mais dans un quartier bien plus tranquille. Je suis passée devant des jardins plantés de citronniers. Impressionnants ces jardins: de grands voiles sombres sont tendus au-dessus des arbres, sur de hauts piquets en bois plantés sur le pourtour. J'ai retrouvé ce même jardin dans leur B&B d'où on avait une vue magnifique sur la mer.

B, que je n'avais pas vu depuis sept ans au moins, m'a ouvert la porte. Il faut aller en Italie pour renouer les liens...! J'ai été très heureuse de les revoir: après s'être chaleureusement salués, je suis partie avec eux et leur propriétaire.

Nous sommes rentrés dans Sorrento: une ville très animée et colorée reliée aux autre villes par le Corso Italia, l'avenue principale. Sorrento s'étale sur les hauteurs et offre des vues vertigineuses sur la côte en contrebas. On accède au port par une rue pavée toute en virages, ou par de raides escaliers pour les piétons. Les rues étaient pleines de touristes (anglais pour la plupart) qui déambulaient à la recherche de limoncello ou petits objets en bois marqueté, la spécialité de Sorrento.

Il nous a déposés devant le bureau pour acheter les billets après nous avoir longuement expliqué comment rejoindre le B&B: linea A!!!
départ du bateau à 13h30...deux heures à tuer, deux heures de perdues...Le gars, pas causant, s'occupait plus de son i-phone que de nous. Nous avons décidé de nous renseigner ailleurs et nous nous sommes dirigés vers un autre bureau qui heureusement, proposait des départs plus tôt!! Un quart d'heure plus tard et nous étions en partance pour un tour magnifique...

Ce tour, purement touristique, permet de rejoindre Positano à partir de Sorrento. Le bateau s'est éloigné progressivementdes terres et un paysage superbe s'est déroulé sous nos yeux. Nous avons pu voir Sorrento vu du large, ses bâtiments colorés et élégants, fixés sur la roche, puis tous les villages qui se blottissent dans les creux des monts rocheux, percés de grottes et à la végétation aride. Dans le lointain, Ischia, l'isola verde, se laissait deviner, voilée par une brume de chaleur. Sa belle petite soeur Capri, elle, se tenait non loin de nous et nous a regardés passer. Nous glissions sur un saphir liquide...magnifique, vif, profond, un bleu qui invite à s'y perdre. Je comprends que les marins se soient fait piéger par le chant des sirènes dans ce coin avant qu'Ulysse ne rabatte leur caquet! dans un cadre pareil....

Et puis Positano est apparue: des bâtisses blanches empilées les unes sur les autres sur deux pans de roches qui se font face; le reste du bourg se faufile entre les deux, de petites maisons dont les terrasses sont protégées du soleil par des treilles. Une ville mignonne comme tout. Nous sommes rentrés dans la cathédrale de Positano, nous avons fait un tour dans les boutiques de la ville (dont certaines très kitsch, devant habiller les grands-mères du coin), des boutiques pour touristes. Atteindre les hauteurs de la ville permet d'avoir un beau point-de-vue sur Positano. Puis nous nous sommes dirigés vers le port pour prendre le bateau pour Amalfi. Nous avons failli le rater à cause de moi, car voulant innocemment demander des renseignements à un gars, il s'est mis à me draguer à l'italienne et voulait déjà venir à Sorrento le soir. Euh, non. Bref, je me suis échappée et nous avons sauté dans le bateau.

L'arrivée sur Amalfi est moins grandiose car la ville n'est pas aussi perchée sur les hauteurs. Elle donne plus l'impression d'une ville côtière classique, belle ceci dit. Une grande porte, témoignant de sa grandeur passée, donne accès au centre-ville, assez restreint, entouré de cafés, avec une fontaine au centre, présidée par une dame offrant généreusement de l'eau à partir de ses tétons. De larges escaliers conduisent au Duomo (cathédrale) qui était payant. Le reste de la ville se divise en petites ruelles très escarpées pour certaines, qui partent de l'artère centrale. Le blanc ou le jaune sont de rigueur sur les maisons.

Nous nous sommes acheté des parts de pizza pour manger sur le pouce, mais au final ça a presque coûté aussi cher que de prendre un vrai repas. Et oui, quand les prix ne sont pas marqués, il vaut mieux demander! Nous avons dégusté tout ça sur un banc, avec vue sur poubelles. On fait ce qu'on peut. Puis on s'est remis en route pour retourner dans le centre, en s'arrêtant au passage boire à une fontaine remplie par une crèche immergée. Puis mes compagnons se sont arrêtés dans un café type salon de thé pour prendre des pâtisseries (baba au rhum oblige!) et un café au comptoir. Je les ai regardés manger car je n'avais pas faim du tout.

Puis en voulant acheter des cartes postales, j'ai discuté avec le gérant qui m'a montré, tout fier, une photo de lui en costume traditionnel, représentant les anciennes républiques qui dirigeaient la région il y a fort longtemps. L'homme de la ville est Flavio Gioia, soit disant inventeur de la boussole. A vérifier auprès des Chinois! De sa grandeur passée, Amalfi conserve la cathédrale, superbe bâtisse avec cloître, crypte, belle nef...Bref, une discussion sympathique au cours de laquelle il s'est émerveillé sur mon italien: "ma come mai parli cosi bene l'italiano?". Quand je lui ai dit que j'étais française et que j'avais travaillé en Italie, son admiration est retombée d'un coup. "Ah, je me disais aussi...comment ça se fait qu'en étant Indienne, elle parle aussi bien?? mais tu es Française, c'est plus facile!" bon....un peu cassée, là...

Voulant se baigner, ils sont partis à la plage et moi je suis partie m'acheter un maillot de bain: moche mais pas trop cher et j'ai pu me jeter dans l'eau qui était extrêmement salée. Mais la vue sur Amalfi était belle. Je me suis rincée à une douche solaire payante, puis nous sommes rentrés après avoir laissé passer un bus plein à craquer.

Madonna...ce retour en bus...des routes en lacets, étroites comme tout, dans lesquelles le bus s'engouffrait à toute vitesse, freinant au dernier moment mais en prenant soin de klaxonner pour annoncer son arrivée. Unique mesure de prudence! Car le chauffeur conduisait souvent d'une main (bah oui, comment faire autrement, étant en grande discussion avec les passagers des sièges avant?) On se rassurait en se convaincant qu'il connaissait la route et ses dangers par coeur. Mais tout de même, on n'est pas à l'abri d'une voiture de touristes qui prendrait son virage un peu trop large!
Bref, nous sommes arrivés à Sorrento après avoir failli rester bloqués dans un tournant avec un autre bus. Tous deux ont dû effectuer des manoeuvres au millimètre près pour s'en sortir. Puis enfin, direction le resto pour manger un vrai repas qui s'est avéré être un peu frugal. E poi, torniamo a Piano col pullman!

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