jeudi 02/09: Ercolano, Oplontis, le Vésuve??
Journée ruinée! ah ah ah. J'ai perdu du temps bêtement le matin avec pour conséquence un arrivée tardive Ercolano (Herculanum). Mais bref, ça m'a permis de voir la ville, dont l'unique attraction sont les ruines, à une heure de la journée intéressante. Ercolano est VRAIE: typique banlieue napolitaine, sans aucun charme. Je suis arrivée en début d'après-midi quand tous les commerces sont encore ouverts: tous les hommes et femmes étaient dehors à s'apostropher, se parler, regarder les passants assis tranquillement sur des chaises à l'extérieur des boutiques, commenter un peu tout avec de grands gestes..un joyeux bazar!
Je me suis dirigée vers les ruines, accueillie par une arche un peu décrépie et taguée qui ne laisse pas soupçonner le site grandiose qui, derrière, dort depuis tant d'années.
Une large avenue plantée de hauts cyprès longe le site qu'on domine sur la droite. A gauche, un jardin agrémenté de fontaines. Plus loin, le centre où on peut obtenir son ticket. Me basant sur mon guide, je comptais bien avoir une remise de 50% grâce à mon jeune âge. Mais non. La limite étant 24 ans, je me suis retrouvée gros-jean-comme-devant, et mon portefeuille a dû se résoudre, mort dans l'âme, à se faire arracher mon billet de 20 euros pour la visite des trois sites...Celui-ci, Oplontis (la villa de Poppée) et Pompéi. Au lieu des 10 euros escomptés! bref.
J'ai plongé dans ces ruines, un peu compressées au milieu de la ville. En effet, Herculanum a été recouverte par la boue volcanique du Vésuve voisin, qui le 24 août 79, l'a déversée sur une vingtaine de mètres au-dessus des bâtisses, les protégeant ainsi très efficacement en séchant. Ou alors les matériaux employés ont la force de leur demi-dieu fondateur! Le résultat est boulversifiant. On se trouve à flâner parmi les ruelles, comme ces bons Romains auraient pu le faire au 1er siècle de notre ère. La ville est à présent en contrebas, mais il s'agissait en fait d'une jolie petite station balnéaire, dont la plus grande propriété avait vue sur mer (comme en témoigne une jolie terrasse en avant de la maison).
Les murs présentent un dessin assez typique, que j'ai retrouvé à Pompéi: des pierres carrées, assemblées par du mortier et placées angle vers le bas. Des briques renforcent aussi la structure. Il faut cependant imaginer le tout recouvert de tuff et peint a fresco avec des couleurs vives (rouges, souvent). On peut s'imaginer sans mal la vivacité et la gaieté pourpre des villes romaines!
J'ai déambulé sagement parmi toutes ces maisons assez basses (laissant penser que les Romains n'étaient pas très grands ou alors qu'ils aimaient se pencher pour entrer chez eux), dont il manque parfois les toits. Cependant, certaines offrent de beaux volumes, dont les atrium majestueux ne sont plus soutenus par les quatre piliers centraux. Il reste quelques vestiges intéressants comme un lit calciné, une table en marbre et même, plus triste, deux squelettes d'un homme et d'une femme enlacés comme Quasimodo et Esmeralda à Montfaucon, avec à leurs pieds, celui d'un petit garçon. Tous trois pris au piège de la colère du Vésuve. Mais ce n'est rien par rapport aux corps de Pompéi....
J'ai continué mon tour, tombant sur des fresques impeccablement conservées, goûtant le calme quand il n'était pas perturbé par les touristes qui visitaient comme moi. Un nombre raisonnable, ceci dit. L'heure tournant, j'ai dit adieu à Herculanum et je suis partie manger. Les rues s'étaient vidées et faisaient la sieste. Contraste.
Le guide conseillait une pizzeria: j'ai donc fait une pause à ladite pizzeria pour m'acheter une petite pizza à emporter. En attendant qu'elle soit prête, je me suis assise à une longue table où un couple était déjà assis. L'homme m'a dit en anglais que je ne gênais pas du tout, après leur avoir expliqué que je n'en avais pas pour longtemps. J'ai donc commencé à discuter avec eux (en anglais, et j'étais ravie de retrouver cet accent que j'aime tant!): ils revenaient d'un tour dans les Pouilles, une région qu'ils m'ont vivement conseillée. Ca tombe bien, elle est sur ma liste! Magnifique et plus calme qu'ici, a-t-il ajouté avec un rire. Ah ça...Napule ne dort pas! Les gens sont sanguins, parfois peu courtois, mais passionnels (et aussi dans le bon sens du terme). C'est ça qui fait le charme de la région! Je leur ai conseillé de voir la côte amalfitaine en bateau: un tour magnifique à faire absolument par beau temps! Puis ma pizza est arrivée et je les ai quittés.
J'ai mangé tout ça (délicieuse, la pizza!) dans le train qui me conduisait à Oplontis, ville où a été découverte la superbe villa de la sulfureuse Poppea, morte suite au coup de pied gratuitement donné par son Néron de mari. On ne pouvait pas espérer moins de sa part!
Oplontis: une ville à l'image d'Ercolano, la convivialité en moins. Des rues désertées, des boutiques éparses, bref, je ne m'y installerais pas. Les vestiges sont tous proches de la gare et je les ai trouvés sans problème. Une rue plantée d'arbres (sans doute la seule comme cela de la ville) nous y mène.
J'ai fait poinçonner mon billet, puis je suis descendue car la villa se trouve en bas. Je me suis dit: une seule villa, tu la fais vite-fait puis tu te rends à Pompéi pour faire l'ascension du Vésuve! et bien en fait, cette grande et fort élégante villa mérite bien qu'on y consacre une heure. Les fresques aux couleurs vives paraissent presque avoir été faites la veille et puis... j'étais seule. Personne d'autre que des employés qui entretenaient le jardin...le rêve! J'ai fait le tour dans le désordre mais j'ai quand même réussi à repérer quoi était quoi grâce au petit guide donné à l'entrée. Superbe! Il y a encore les toits (posés sur de très hauts murs) et le tuff sur les colonnes. Certaines pièces sont très sombres mais dans l'ensemble, ces maisons romaines devaient être très agréables à vivre. Bien conçues, quoi. De plus, le jardin est peu à peu replanté de rosiers, une herbe verte y pousse, redonnant vie à la villa. Poppée serait contente!
J'ai fini la visite et je me suis hâtée vers le train pour aller à Pompéi Scavi d'où un bus part régulièrement pour le Vésuve. J'ai eu le malheur de demander à un couple de Français quel était le quai pour Sorrento. Car la gare flambant neuve n'avait pas encore activé ses panneaux lumineux. Pratique avec cinq quais!! L'homme sur un ton très autoritaire et paternaliste a commencé à me poser plein de questions: "non mais où veux-tu aller exactement? car il y a plusieurs Pompéi! donc les fouilles ou la ville? et puis Oplontis c'est quoi? explique un peu!!!" je lui aurais foutu une baffe. Quand enfin le train est arrivé, je suis montée en prenant soin de les éviter.
A Pompéi Scavi, plus de navette. La dernière partait à 15h30 et il était 16h40. Chou blanc donc. Je me suis résolue à visiter Sorrento que je n'avais pas encore eu l'occasion de parcourir.
Sorrento est une très jolie ville au final: dans les jaunes pastel, hôtels classes, rues étroites regorgeant de boutiques de souvenir ou d'échoppes d'ébénistes qui décorent en fine marquetterie des boîtes ou des cadres...Ce n'est pas sensationnel mais l'effet est quand même joli. Par hasard, j'ai croisé mes compagnons sur le port, épuisés après une longue journée à Capri. Je devais revoir B le soir après dîner de toute façon donc j'ai continué mon tour. En flânant, je suis tombée sur un restaurant-taverne: musique live, mandoline et tout le tralala, bingo! Je les ai appelés pour savoir si ça les intéressait et sur leur réponse affirmative, je suis entrée pour réserver. Le gérant, un bonhomme âgé coiffé d'un chapeau de cow-boy à paillettes, une chemise en satin bordeaux déboutonnée sur un torse poilu, des lunettes aux verres fumés et les cheveux un peu longs, m'a demandé comment je m'appelais. "Marie" ai-je répondu. "Ah, Maria! et moi je m'appelle Giuseppe! perfetto!". Ok, la Sainte Famille, je vois...so what? bref, il a noté mon nom et je suis partie chercher mes Français. Qui étaient tranquillement assis en train de siroter des choppes de bières dans un pub.
Nous nous sommes rendus à cette taverne; ils nous ont accueillis et guidés vers la table à grands renforts de: "ah, si! Mary, buonasera! ecco, Mary!" ce qui a fait sourire mes Français, puis tour à tour, nous avons réclamé des chansons napolitaines, à la grande surprise du chanteur qui ne pensait pas trouver des Français fan de Funiculi, Funicula, Tu Vuo' Far' L'Americano, O'Sarracino etc... car nous les avons chantées à tue-tête. Tous les Américains, Anglais, Japonais qui étaient là nous regardaient un peu de travers mais finalement, on a un peu contribué à décoincer l'ambiance. Bref, la soirée fut excellente. Je me suis même retrouvée à chanter (discrètement) "les feuilles mortes", accompagnée par le joueur de mandoline.
Le repas se termina, nous chantâmes encore quelques chansons et nous nous en fûmes, le sourire et des airs napolitains sur les lèvres.
Je me suis dirigée vers les ruines, accueillie par une arche un peu décrépie et taguée qui ne laisse pas soupçonner le site grandiose qui, derrière, dort depuis tant d'années.
Une large avenue plantée de hauts cyprès longe le site qu'on domine sur la droite. A gauche, un jardin agrémenté de fontaines. Plus loin, le centre où on peut obtenir son ticket. Me basant sur mon guide, je comptais bien avoir une remise de 50% grâce à mon jeune âge. Mais non. La limite étant 24 ans, je me suis retrouvée gros-jean-comme-devant, et mon portefeuille a dû se résoudre, mort dans l'âme, à se faire arracher mon billet de 20 euros pour la visite des trois sites...Celui-ci, Oplontis (la villa de Poppée) et Pompéi. Au lieu des 10 euros escomptés! bref.
J'ai plongé dans ces ruines, un peu compressées au milieu de la ville. En effet, Herculanum a été recouverte par la boue volcanique du Vésuve voisin, qui le 24 août 79, l'a déversée sur une vingtaine de mètres au-dessus des bâtisses, les protégeant ainsi très efficacement en séchant. Ou alors les matériaux employés ont la force de leur demi-dieu fondateur! Le résultat est boulversifiant. On se trouve à flâner parmi les ruelles, comme ces bons Romains auraient pu le faire au 1er siècle de notre ère. La ville est à présent en contrebas, mais il s'agissait en fait d'une jolie petite station balnéaire, dont la plus grande propriété avait vue sur mer (comme en témoigne une jolie terrasse en avant de la maison).
Les murs présentent un dessin assez typique, que j'ai retrouvé à Pompéi: des pierres carrées, assemblées par du mortier et placées angle vers le bas. Des briques renforcent aussi la structure. Il faut cependant imaginer le tout recouvert de tuff et peint a fresco avec des couleurs vives (rouges, souvent). On peut s'imaginer sans mal la vivacité et la gaieté pourpre des villes romaines!
J'ai déambulé sagement parmi toutes ces maisons assez basses (laissant penser que les Romains n'étaient pas très grands ou alors qu'ils aimaient se pencher pour entrer chez eux), dont il manque parfois les toits. Cependant, certaines offrent de beaux volumes, dont les atrium majestueux ne sont plus soutenus par les quatre piliers centraux. Il reste quelques vestiges intéressants comme un lit calciné, une table en marbre et même, plus triste, deux squelettes d'un homme et d'une femme enlacés comme Quasimodo et Esmeralda à Montfaucon, avec à leurs pieds, celui d'un petit garçon. Tous trois pris au piège de la colère du Vésuve. Mais ce n'est rien par rapport aux corps de Pompéi....
J'ai continué mon tour, tombant sur des fresques impeccablement conservées, goûtant le calme quand il n'était pas perturbé par les touristes qui visitaient comme moi. Un nombre raisonnable, ceci dit. L'heure tournant, j'ai dit adieu à Herculanum et je suis partie manger. Les rues s'étaient vidées et faisaient la sieste. Contraste.
Le guide conseillait une pizzeria: j'ai donc fait une pause à ladite pizzeria pour m'acheter une petite pizza à emporter. En attendant qu'elle soit prête, je me suis assise à une longue table où un couple était déjà assis. L'homme m'a dit en anglais que je ne gênais pas du tout, après leur avoir expliqué que je n'en avais pas pour longtemps. J'ai donc commencé à discuter avec eux (en anglais, et j'étais ravie de retrouver cet accent que j'aime tant!): ils revenaient d'un tour dans les Pouilles, une région qu'ils m'ont vivement conseillée. Ca tombe bien, elle est sur ma liste! Magnifique et plus calme qu'ici, a-t-il ajouté avec un rire. Ah ça...Napule ne dort pas! Les gens sont sanguins, parfois peu courtois, mais passionnels (et aussi dans le bon sens du terme). C'est ça qui fait le charme de la région! Je leur ai conseillé de voir la côte amalfitaine en bateau: un tour magnifique à faire absolument par beau temps! Puis ma pizza est arrivée et je les ai quittés.
J'ai mangé tout ça (délicieuse, la pizza!) dans le train qui me conduisait à Oplontis, ville où a été découverte la superbe villa de la sulfureuse Poppea, morte suite au coup de pied gratuitement donné par son Néron de mari. On ne pouvait pas espérer moins de sa part!
Oplontis: une ville à l'image d'Ercolano, la convivialité en moins. Des rues désertées, des boutiques éparses, bref, je ne m'y installerais pas. Les vestiges sont tous proches de la gare et je les ai trouvés sans problème. Une rue plantée d'arbres (sans doute la seule comme cela de la ville) nous y mène.
J'ai fait poinçonner mon billet, puis je suis descendue car la villa se trouve en bas. Je me suis dit: une seule villa, tu la fais vite-fait puis tu te rends à Pompéi pour faire l'ascension du Vésuve! et bien en fait, cette grande et fort élégante villa mérite bien qu'on y consacre une heure. Les fresques aux couleurs vives paraissent presque avoir été faites la veille et puis... j'étais seule. Personne d'autre que des employés qui entretenaient le jardin...le rêve! J'ai fait le tour dans le désordre mais j'ai quand même réussi à repérer quoi était quoi grâce au petit guide donné à l'entrée. Superbe! Il y a encore les toits (posés sur de très hauts murs) et le tuff sur les colonnes. Certaines pièces sont très sombres mais dans l'ensemble, ces maisons romaines devaient être très agréables à vivre. Bien conçues, quoi. De plus, le jardin est peu à peu replanté de rosiers, une herbe verte y pousse, redonnant vie à la villa. Poppée serait contente!
J'ai fini la visite et je me suis hâtée vers le train pour aller à Pompéi Scavi d'où un bus part régulièrement pour le Vésuve. J'ai eu le malheur de demander à un couple de Français quel était le quai pour Sorrento. Car la gare flambant neuve n'avait pas encore activé ses panneaux lumineux. Pratique avec cinq quais!! L'homme sur un ton très autoritaire et paternaliste a commencé à me poser plein de questions: "non mais où veux-tu aller exactement? car il y a plusieurs Pompéi! donc les fouilles ou la ville? et puis Oplontis c'est quoi? explique un peu!!!" je lui aurais foutu une baffe. Quand enfin le train est arrivé, je suis montée en prenant soin de les éviter.
A Pompéi Scavi, plus de navette. La dernière partait à 15h30 et il était 16h40. Chou blanc donc. Je me suis résolue à visiter Sorrento que je n'avais pas encore eu l'occasion de parcourir.
Sorrento est une très jolie ville au final: dans les jaunes pastel, hôtels classes, rues étroites regorgeant de boutiques de souvenir ou d'échoppes d'ébénistes qui décorent en fine marquetterie des boîtes ou des cadres...Ce n'est pas sensationnel mais l'effet est quand même joli. Par hasard, j'ai croisé mes compagnons sur le port, épuisés après une longue journée à Capri. Je devais revoir B le soir après dîner de toute façon donc j'ai continué mon tour. En flânant, je suis tombée sur un restaurant-taverne: musique live, mandoline et tout le tralala, bingo! Je les ai appelés pour savoir si ça les intéressait et sur leur réponse affirmative, je suis entrée pour réserver. Le gérant, un bonhomme âgé coiffé d'un chapeau de cow-boy à paillettes, une chemise en satin bordeaux déboutonnée sur un torse poilu, des lunettes aux verres fumés et les cheveux un peu longs, m'a demandé comment je m'appelais. "Marie" ai-je répondu. "Ah, Maria! et moi je m'appelle Giuseppe! perfetto!". Ok, la Sainte Famille, je vois...so what? bref, il a noté mon nom et je suis partie chercher mes Français. Qui étaient tranquillement assis en train de siroter des choppes de bières dans un pub.
Nous nous sommes rendus à cette taverne; ils nous ont accueillis et guidés vers la table à grands renforts de: "ah, si! Mary, buonasera! ecco, Mary!" ce qui a fait sourire mes Français, puis tour à tour, nous avons réclamé des chansons napolitaines, à la grande surprise du chanteur qui ne pensait pas trouver des Français fan de Funiculi, Funicula, Tu Vuo' Far' L'Americano, O'Sarracino etc... car nous les avons chantées à tue-tête. Tous les Américains, Anglais, Japonais qui étaient là nous regardaient un peu de travers mais finalement, on a un peu contribué à décoincer l'ambiance. Bref, la soirée fut excellente. Je me suis même retrouvée à chanter (discrètement) "les feuilles mortes", accompagnée par le joueur de mandoline.
Le repas se termina, nous chantâmes encore quelques chansons et nous nous en fûmes, le sourire et des airs napolitains sur les lèvres.

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