Dimanche: Le tour de Chianciano en solitaire
Lever à 9h00 pour les Rameaux, sans savoir exactement où était la messe. Mais de la fenêtre, j'ai pu voir des vieilles dames se diriger vers je ne sais trop quoi au juste, mais elles se dirigeaient. J'ai donc suivi leurs pas, après être sortie du musée silencieux comme une tombe. Il s'est avéré que la minuscule église de San Francesco était à 2 minutes de marche à peine du musée. Messe à 9h45, expédiée en 45 minutes, des chants entonnés par les voix nasillardes de grand-mères qui avaient plutôt l'oeil sur les copines qui arrivaient ou sur les petits-enfants de l'autre, que sur leur feuille. En France, les vieilles connaissances gardent une certaine distance, que l'on qualifierait de respectueuse. Ici, ça se touche, ça se tapote la joue, c'est très tactile et assez attendrissant. J'ai imaginé toutes ces vieilles dames, sans doute nées, élevées, mariées à des gars de Chianciano et vieillissant paisiblement, qui se connaissent presque comme des soeurs. Mais ça n'est peut-être qu'une apparence. La messe s'est terminée et tout le monde est rentré a casa, rameau d'olivier au poing.
Profitant du beau temps, j'ai décidé de tenter l'aventure. Je me suis donc dirigée vers le vieux Chianciano, et grand bien m'en a pris! après environ 25 minutes de marche, je me suis retrouvée dans une petite ville resserrée sur elle-même à pic de colline, dont l'accès par une porte monumentale est encadré d'arbres taillés au carré. On rentre dans une oasis de calme et le contraste est étonnant après le bruit de la route qui y conduit. Des ruelles escarpées serpentent à travers un labyrinthe de bâtisses en brique, très hautes et collées les unes aux autres, ce qui est un peu oppressant. Mais des percées à travers cet enchevêtrement de murs et de lourdes portes révèlent un paysage magnifique qui aujourd'hui était baigné dans une douce lumière. C'est en admirant le panorama, à portée de vue dès que l'on se trouve dans un espace dégagé, que j'ai pris la décision de regagner le musée par un détour. Détour qui fut long puisque je ne connaissais absolument pas le coin. Mais peu importe! J'ai profité du soleil et des chemins qui traversent les champs, croisant des maisons isolées, gardées par des petits chiens bizarres, que j'ai dans un premier temps confondus avec des chats à cause de leur museau court et de leurs oreilles triangulaires. De l'autre versant, on peut percevoir tout le cachet que Chianciano gagnerait à se débarrasser de ses crépis jaunes-orangés salis par le temps, et à laisser la brique apparaître.
J'ai marché pendant 2 heures, en essayant divers chemins, puis je suis rentrée au musée. J'ai déjeuné dehors, j'ai écrit un peu, puis j'ai travaillé un peu sur un film pour l'Expo2, puis dîner (saumon, pâtes, boeuf, tomates épinards, glace), puis DODO. Buona notte.....

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